Le Grandeur Nature

Leti
la barbare, Toufik le roublard, Nif la magicienne, Siegfried le
guerrier, Aël l'archère elfe, Gougnotte la nonne naine et
Gowron le rôdeur elfe (votre humble serviteur).
Photo : Les Messagers d'Elendil.
Alors que le jeu de rôle traditionnel se joue autour d'une table par des jets de dés et des échanges verbaux entre 5 ou 6 joueurs, le grandeur nature (également appelé "GN" ou "semi-réel") se pratique en costume et en situation, le temps d'un week-end avec des dizaines voire des centaines de joueurs. Cela signifie que les joueurs font tout ce que font leur personnage et inversement.
Préparation
Avant un GN, chaque joueur doit :
- prendre connaissance des règles du jeu ;
- créer ou choisir un personnage-joueur (ou PJ) qui appartient à l'univers dans lequel va se dérouler le jeu ;
- confectionner ou trouver son costume et les accessoires dont il se servira pour interpréter son personnage ;
- fabriquer ou acheter ses armes en latex lorsque cela est requis par son rôle.
Les règles du jeu : Elles sont propres à chaque GN et garantissent le bon déroulement de la partie, le respect de l'ambiance du jeu et surtout la sécurité des participants. Il est important que les joueurs les connaissent d'une part car les organisateurs ne restent pas en permanence auprès de chaque joueur, et d'autre part pour ne pas briser l'ambiance du jeu.
Le personnage : Les joueurs déterminent les caractéristiques et le background de leur personnage en concertation avec les organisateurs. C'est le même principe qu'en jeu de rôle, à la différence près que les capacités purement physiques des joueurs remplacent celles des personnages. Par exemple, un personnage sera rapide à la course si le joueur qui l'incarne est lui-même un bon coureur.

Pose d'une oreille d'elfe. (Photo : Nif)
Le costume : C'est un élément primordial du jeu, celui sur lequel les joueurs passent généralement le plus de temps. Un costume est un compromis entre d'une part les moyens, le temps et les talents dont disposent les joueurs et d'autre part les exigences vestimentaires imposées par les organisateurs.


Une séance de couture en préparation d'un GN.
Les armes en latex : Les GN se jouent pour la plupart dans des univers médiévaux-fantastiques où les combats à l'arme blanche sont monnaie courante. Les combats sont réellement joués, avec des armes conçues pour ne pas blesser et dans le respect de certaines consignes de sécurité (retenir ses coups, ne pas porter de coups à la tête ni à l'entre-jambes, ne pas frapper d'estoc, ne pas se battre dans un lieu dangereux, etc). Une arme de GN est constituée d'une tige rigide (fibre de verre, etc) et rembourrée avec de la mousse. Une fois la mousse taillée de manière à lui donner la forme désirée, l'arme est recouverte d'une dizaine de couches de latex coloré, d'où l'appellation (abusive) "d'arme en latex".

Une série d'armes de GN.
En outre, puisque les GN se déroulent généralement en plein air dans des lieux retirés, les participants doivent prévoir de quoi camper. Même lorsqu'un GN ne s'interrompt pas à la nuit tombée, un peu de sommeil est toujours bienvenu après la partie !

Campement et derniers préparatifs juste avant un GN. (Photo : Nif)
Déroulement du jeu
Les organisateurs : Samedi en début d'après-midi. Les joueurs gonflés à bloc sont arrivés. Les organisateurs fébriles ont installé le décor, disséminé des éléments de jeu, placé des pièges et assigné les missions aux personnages. Le jeu peut alors commencer : les joueurs découvrent le terrain et commencent à parler avec d'autres PJ ou avec des PNJ (personnages non-joueurs, incarnés par des joueurs mais qui ont une fonction bien définie pour faire obstacle aux PJ, les aider, ou tout simplement ajouter à l'ambiance du jeu), les groupes se forment peu à peu pendant que les organisateurs préparent déjà les premiers événements, effets spéciaux et animations avec l'aide de PNJ.

Les elfes sont toujours parés à toute éventualité. (Photo : Nif)
Jouer son personnage : Chaque joueur se comporte comme s'il était son personnage : il parle, se déplace, agit comme lui. Grâce au costume qu'il a amoureusement confectionné (et avec lequel il va peut-être se rouler dans la boue quelques heures plus tard), c'est chose facile. Mais bientôt les premières épreuves surviennent : une bande de gobelins, un parchemin écrit en runes elfiques, un coffre verrouillé... Pour tout aventurier aguerri, ce n'est là que pure la routine mais c'est plus que ce dont est capable le joueur (modeste Terrien de ce début de 21ème siècle).
Les compétences : Pas de panique, les organisateurs auront en effet pris soin de glisser au joueur qui joue un érudit un alphabet pour décoder les runes, à celui qui joue un filou un trousseau de clés qui contient celle de ce satané coffre, etc. Pour toutes les actions qui ne relèvent pas d'une compétence spécifique, le joueur doit se débrouiller avec ses capacités personnelles.
Vie et mort du personnage
Comme en jeu de rôle, les personnages disposent d'un capital de points de vie. Les règles précisent dans quelles circonstances ces points peuvent être perdus ou regagnés. Par exemple, un coup d'épée enlève un point de vie. Il arrive qu'un personnage meurt. Le joueur endosse alors un rôle de secours ou bien va grossir les rangs des PNJ, afin de continuer à participer au jeu.

Un pauvre personnage assassiné à coup de bouteille de Ketchup dans une soirée-enquête.
En savoir plus
Le GN est moins pratiqué que le jeu de rôle sur table car il demande une grande préparation matérielle, mais procure un plaisir différent et complémentaire. Jouer physiquement son personnage permet en effet de mieux s'immerger dans le jeu. Par contre, le jeu est limité par les contraintes matérielles et les impératifs de sécurité (contrairement au jeu de rôle sur table où tout se passe dans l'imaginaire).

Mon tout premier GN. (Photo : Terra Incognita)
Lisez le récit de mes aventures dans la peau d'un pauvre PNJ, destiné à périr plusieurs fois sous les coups de héros déchaînés.